DE L’ART ROMAN À LA PERFECTION GOTHIQUE : L’ARCHITECTURE À L’ÉPOQUE GOTHIQUE (1)

Après avoir parcouru l’éclosion et les aspects divers de l’architecture romane en France au cours des onzième et douzième siècles, nous aborderons prochainement la période gothique, qui lui a succédé. J’aurais pourtant aimé conclure ces deux précédentes conférences en rappelant le souci de recherche constante qui a donné à l’art roman tant de variété, tant de fantaisie, émanant pourtant d'un équilibre statique, rassurant, maternel. Entre le roman et le gothique, la différence est la même qu'entre l'ascension d'un pic et le séjour au sommet. Il est agréable, quand on est en haut, de contempler le panorama ; la montée, avec ses fatigues et ses dangers, est plus émouvante.

Car cette aventure passionnante va se poursuivre encore au cours du premier âge gothique. Plus tard, s'amorcera la perfection, et le déclin. Quelques allusions ont déjà préparé mon discours, laissant entrevoir que les styles se sont superposés, selon les régions, avant celui qui leur a progressivement succédé et que ce « style français » a, par la suite, logiquement évolué, obéissant aux grands faits d’une histoire mouvementée.

Comme pour les périodes précédentes, quelques généralités chronologiques et historiques précèderont un développement plus technique sur les principales évolutions qui ont conduit à ce style architectural très particulier, qui fascine et émerveille encore les visiteurs.

C’est une période complexe où, malgré des réalités qui tranchent avec la période précédente de développement et de prospérité, s’épanouit une architecture dont les styles successifs sont d’une créativité surprenante. Car malgré les guerres, les épidémies, auxquelles s’ajoute un refroidissement climatique notoire, l’architecture continuera sa progression : toujours au travers d’une architecture religieuse assez présente, mais aussi dans la structure des villes et leur protection, dans les constructions militaires…

Au cours de cette séance, nous aborderons essentiellement la chronologie, les données techniques et quelques aspects des évolutions stylistiques. Celles-ci méritent en effet des explications qui ne peuvent être abordées dans la précipitation : nous les verrons donc plus précisément lors de la conférence suivante du 16 février.

Jean-Marie Claustre