LA RENAISSANCE (XVI° SIÈCLE) :

PRINCIPAUX FAITS DYNASTIQUES ET CONSÉQUENCES SUR LES ÉVOLUTIONS DE L’ARCHITECTURE.

Pour introduire la prochaine conférence, la logique me conduit à m’appuyer sur les deux précédentes, qui traitaient de l’architecture gothique, pour insister sur ce terme, qui se voulait méprisant à l’égard d’un art sans doute trop libre, au regard de ceux, plus académiques, qui lui ont succédé.

Car, parler de « Renaissance » sous-entend au moins une naissance préalable. Quelle était-elle ? Serait-ce simplement un retour aux antiques ou, plutôt, dans sa logique inexorable, le pendule de l’Histoire ressuscitant les acquis culturels estompés dans la Légende des siècles, l’empêchant d’en effacer la totalité de l’expérience immédiatement précédente ?

La Renaissance et sa culture n’échappent pas à cette logique : elles héritent des transmissions du Moyen-Âge, ne serait-ce que par les écritures laborieusement recopiées par les moines dans le scriptorium austère de leur abbaye. Elles prennent leur élan sur de nouvelles circonstances qui suscitent le réveil des progrès hérités des périodes précédentes pour sublimer de nouvelles évolutions.

En effet, le réalisme qui caractérise l’Automne Gothique relevait d’épidémies, de guerres, de fatalités ; il s’exprima de manière « flamboyante » dans l’architecture, mais aussi au travers de thèmes, comme le Dict des Trois Morts et des Trois Vifs, les Danses Macabres des peintures murales et vitraux ou les premiers écrits profanes de langue française : je cite volontiers François Villon et sa Ballade des Pendus… Le dénouement du conflit avec l’Angleterre conduira nos souverains à se retourner vers d’autres successions légitimes plus ou moins directes – l’Italie, notamment –, leur dévoilant soudain des États qui débordaient d’une richesse culturelle nourrie d’esprits illustres, sous toutes ses formes : littéraire, picturale, sculpturale et architecturale, qu’une sorte d’osmose philosophique unissait les unes aux autres.  Rien moins que fascinant pour ces rois qui aspiraient à un nouveau prestige.

D’autres faits marqueront également ce tournant de l’Histoire : découverte de l’imprimerie, essor de l’Empire Ottoman, voyages de Vasco de Gama, de Christophe Colomb, de Magellan, révolution copernicienne…

Le XVI° siècle sera marqué, en France, d’une chronologie liée aux fortunes diverses des campagnes et batailles des monarques qui se succèdent. Les rois attireront des artistes, italiens, surtout, et le « voyage en Italie » s’imposera peu à peu aux artistes français. Une nouvelle ère, humaniste, suivra celle, réaliste, du siècle précédent. Cela se traduira par un nouvel art de vivre, auquel l’architecture s’adaptera, exaltant les cinq sens – vue, ouïe, odorat, goût, toucher –, alimentée des progrès d’une génération d’architectes qui inscriront durablement leur nom dans l’Histoire.

Jean-Marie Claustre