DES VESTIGES GALLO-ROMAINS À LA RENAISSANCE CAROLINGIENNE

Cette seconde conférence couvrira les différentes périodes du premier millénaire de notre ère, sur la base d’exem­ples choisis en grande partie en France, bien que les modèles significatifs se répartissent sur un territoire beaucoup plus large, à l’échelle de notre Europe actuelle.

Le champ d’investigation commence à la conquête de la Gaule par les Romains, à partir des généralités sur l’Antiquité exposées lors de la première séance. La Gaule Celtique est un peu absente, je le reconnais, car l’archéologie en France s’est longtemps penchée sur les vestiges les plus présents avant de développer des recherches plus approfondies sur les occupations antérieures (entre Préhistoire et Antiquité). Des Gaulois et des Celtes, nous avons surtout des reconstitutions d’après les découvertes, somme toute récentes, souvent très bien présentées dans certains musées. Mais, pour avoir pratiquement effacé les présences antérieures, la conquête romaine ne s’est pas seulement faite sur des faits militaires : elle s’est appuyée aussi – et probablement surtout – sur les échanges (commerce, techniques, savoirs). L’aspect politique et sociétal est venu compléter cette conquête et apporter la stabilité – la fameuse « pax romana » – à ces territoires et ceux qui les peuplaient.

Nous reviendrons plus tard sur l’héritage des civilisations antiques, montrant ainsi que les influences historiques ont sans cesse nourri l’inspiration des constructeurs, à commencer par les romains eux-mêmes.

La deuxième moitié de ce premier millénaire, habituellement appelée « Haut Moyen-Âge », est souvent présentée comme une période obscure où l’Occident est sans cesse bouleversé par les conjonctures migratoires. C’est néanmoins une période de résiliences récurrentes, qui a vu naitre de nombreuses fondations sous l’influence de l’Église, lesquelles ont perduré parfois jusqu’à nous grâce à la transmission des connaissances portées et échangées entre les grands monastères.

L’histoire de l’architecture ne peut donc se limiter à l’étude de cas isolés : elle procède d’une organisation plus générale, qui s’étend sur un territoire, des nations qui échangent entre elles. C’est pourquoi, il me semble important de continuer d’évoquer, autant que faire se peut, la question urbaine et des infrastructures territoriales tout au long du cycle de ces conférences.

Bien que chaque intervention soit prévue pour un maximum de deux heures, la première séance (renouvelée et complétée cette année) a déjà débordé sur ce « standard ». Cependant, même si les suivantes reprendront assez fidèlement le programme des cycles précédents (avec quelques apports et améliorations), je m’appuierai sur les trois expériences passées pour gérer au mieux mon discours.

Jean-Marie Claustre